
Histoire de l'âme bretonne
Réalisation : ABP – 472 vues
Conférence intégrale sauf pou la présentation et le film à la fin sur les photos Yvon Boëlle.
À l'occasion du Festival Interceltique de Lorient, l'historien et géographe Jean-Michel Le Boulanger est venu présenter son dernier ouvrage, Bretagne Monde, réalisé avec le photographe Yvon Boëlle. Pendant un peu plus d'une heure, il s'est interrogé sur ce qui, au-delà de l'histoire et de la géographie, constitue « l'âme de la Bretagne ».
Le point de départ du livre est une phrase de l'écrivain Laurent Gaudé : « L'histoire fera le récit des faits. Qui fera le récit des âmes ? » Après avoir consacré de nombreux ouvrages au « récit des faits », Jean-Michel Le Boulanger explique avoir voulu cette fois explorer quelque chose de beaucoup plus subjectif : ce lien intime qui unit les Bretons à leur territoire.
Comme avant lui Pierre-Jakez Hélias (1914_1995) et encore avant le grand naturaliste écossais John Muir (1838-1914) : "We are now in the mountains and they are in us", Jean-Michel Le Boulanger insiste sur ce lien intime entre l'homme et son territoire : " Nous habitons un territoire et le territoire nous habite en retour ".
Paysages, langue et résistances
Cette âme bretonne, Jean-Michel Le Boulanger la recherche d'abord dans les paysages, dans leurs limites souvent incertaines entre terre, mer et ciel, mais aussi dans la langue, la toponymie, les spiritualités et ce patrimoine religieux omniprésent.
Mais son récit est aussi celui des résistances et de ce qu'il appelle « l'insolence » bretonne : les sardinières de Douarnenez, la Résistance, Glenmor, Gilles Servat, Stivell, les luttes contre les marées noires, Plogoff, Diwan ou encore les filières bilingues.
Faire confiance à la jeunesse
L'ancien vice-président de la Région Bretagne refuse surtout l'idée régulièrement avancée selon laquelle nous assisterions à la disparition des « derniers Bretons ». Chaque génération, rappelle-t-il, a cru voir disparaître la Bretagne qu'elle avait connue.
« La Bretagne de 2050 ne sera pas tout à fait la Bretagne de 2026. C'est la vie des territoires. Mais il faut aussi faire confiance à la jeunesse. »
Il souligne notamment la jeunesse des milliers de musiciens et danseurs des bagadoù et cercles celtiques, preuve selon lui que la transmission se poursuit et que la culture bretonne continue de produire des formes nouvelles.
Dans la dernière partie de sa conférence, Jean-Michel Le Boulanger esquisse enfin la Bretagne qu'il souhaiterait voir émerger : une Bretagne autonome (le mot n'est pas prononcé mais on l'a compris), capable de ralentir face à l'accélération permanente du monde contemporain, ouverte sur le monde tout en restant enracinée, attachée au bénévolat et au collectif, et laissant une place aux valeurs, aux artistes et à l'imaginaire face à une société de plus en plus gouvernée par les chiffres.
Ceux qui ont écouté Jean-Michel Le Boulanger auront certainement envie de lire le livre : combiner ainsi des mots et des images magnifiques est rare.
evezhiadennoù (22)
Et le boulanger est bien loin d'être une bille…
Il a été de longues années haut placé au C R à Rennes. Qu'a-t-il fait pour les langues bretonnes ? Rien selon moi, je l'ai rencontré deux fois avec mon ami Y B à ce sujet. Écouter aussi, il sait faire, mais ensuite ?
Ni, Bretoned, a zo kaoz ivez hor stad politikel mantrus : n’eus ket tu da lakaat ar strolladoù-brujun breton da labourat asambles evit ur pal : Emrenerezh Breizh.
Jean LE MEE e penn an ARB-EKB
« (...) très peu de personnes savent comprendre avec délicatesse ces sortes de questions relatives à l'esprit des races. Il arrive souvent que la résurrection d'un vieil esprit national se produise sous une forme très différente de celle à laquelle on se serait attendu, et par des individus qui n'ont aucune conscience du rôle ethnographique qu'ils accomplissent. »
Voici de quoi espérer.
A
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« Ce qui frappe au premier coup d'œil, surtout dans les compositions idéales des races celtiques, quand on les compare à celles des races germaniques, c'est l'extrême douceur de mœurs qui y respire. » (p. 393)
« Le héros kymrique, (...), même dans ses plus étranges écarts, semble dominé par des habitudes de bienveillance et une vive sympathie pour les êtres faibles. Ce sentiment est un des plus profonds chez les peuples celtiques. » (p. 394)
L'effondrement de la religion et la mort de notre langue (il ne reste plus que quelques dizaines de milliers de locuteurs de naissance) constituaient le socle de l'âme bretonne et cette réalité n'est plus. Ce n'est pas la résonance de quelques noms de lieux souvent mal prononcés par les non-brittophones ou de beaux paysages de landes, côtes... qui suffisent à démontrer que l'âme bretonne est toujours vivante. La disparition de la langue bretonne, dont le génie propre façonnait la manière de penser et la compréhension du monde, a transformé les Bretons en des Français comme les autres. Il suffit de vérifier le vote des Bretons à chaque élection pour le constater. L'heure n'est plus à des complaintes nostalgiques teintées d'un romantisme néoceltique du XIXe siècle. La seule priorité pour la Bretagne est désormais de ménager et maîtriser ses intérêts propres. Cela passe à minima par l'autonomie et, à terme, par l'indépendance. Si cette étape est atteinte, alors peut-être l'âme bretonne, même transformée, sera-t-elle à nouveau perceptible.
À galon