

Clip de l'interview de Jean-Philippe Tanguy sur le voile
Réalisation : BFM-TV – 634 vues
Des propos du député RN Jean-Philippe Tanguy comparant la coiffe traditionnelle bretonne au voile islamique ont suscité des réactions en Bretagne. Le conseiller régional Christian Guyonvarc'h lui reproche notamment son ignorance de l'histoire et de la culture bretonnes.
Invité le 8 septembre sur BFMTV-RMC par Apolline de Malherbe, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, qui revendique régulièrement ses origines bretonnes, a évoqué les coiffes autrefois portées par les Bretonnes pour appuyer son propos sur le voile islamique. Il a notamment présenté ces coiffes comme des « voiles » servant à cacher une partie du corps des femmes.
Cette comparaison a fait réagir en Bretagne. Sur les réseaux sociaux, Christian Guyonvarc'h, élu du groupe Breizh a-Gleiz du Conseil régional estime que Jean-Philippe Tanguy « prouve qu'il est très ignorant de l'histoire de la Bretagne et de sa culture ».
Il conteste également l'idée selon laquelle le port du fichu ou de la coiffe aurait constitué un signe d'aliénation des femmes. Évoquant sa grand-mère et son arrière-grand-mère, il ajoute avec humour que, si elles pouvaient entendre de tels propos, « elles lui mettraient un coup de “disglavier” (parapluie) ».
Les coiffes bretonnes ont pris des formes extrêmement diverses selon les territoires et les époques. **Élément du costume traditionnel, la coiffe pouvait aussi renseigner sur l'origine géographique, la situation sociale ou le statut matrimonial de celle qui la portait**. En aucun cas elle servait à dissimuler quoique ce soit. Les hommes en Bretagne se couvraient aussi la tête avec le chapeau rond.
Se couvrir la tête, une tradition religieuse ancienne
Le fait de se couvrir la tête possède des significations différentes selon les religions et les époques. Dans la première épître aux Corinthiens (11, 3-16), Paul demande aux femmes de se couvrir la tête lorsqu'elles prient, une tradition chrétienne qui s'est maintenue pendant des siècles et était encore courante dans les églises catholiques au XXe siècle. Dans le judaïsme traditionnel, les hommes se couvrent la tête pour prier, aujourd'hui généralement avec une kippa, en signe de respect envers Dieu. La tradition juive demande également aux femmes mariées de se couvrir les cheveux. Dans l'islam, la portée exacte des prescriptions coraniques concernant le voile fait toujours l'objet d'interprétations différentes. Le fait de se couvrir la tête ne peut donc être interprété à lui seul comme un signe de soumission de la femme à l'homme. Se couvrir le visage est en revanche une pratique étrangère à la tradition vestimentaire bretonne.
evezhiadennoù (19)
Demandez à LFI ce qu'ils pensent de la Réunification, des langues de Bretagne et de nos coiffes ?
Vous aurez le même type de mépris de supériorité.
Pour le P.S. qui est commandé en Bretagne (B4+44, Nantes et Rennes), leurs soumissions sont affligeantes et ne nous protègent pas de ce genre d'attaque culturelle.
On pourrait conclure : hijab et coiffe même combat... contre l'intégrisme républicain français.
Glucksman fait l'erreur de comparer le voile ségrégationniste islamique ou juif et le voile-habit professionnel des religieuses catholiques (comme l'uniforme, vêtement réglementaire et identique que doivent porter les membres d'un même groupe ou d'une même institution (militaires, policiers, élèves, etc.).
Encore une fois, les femmes dégustent à cause de religions machistes. La religion est l'opium des femmes !
« La dissimulation des corps intéresse aussi le bâti et la forme des coiffes. Presque partout, [elles] dissimulent les chevelures, pourtant longues parce que non coupées. (...) Ce comportement (...) contraste avec ce qu'on peut savoir d'autres modes régionales à la même époque. (...) Cette dissimulation des chevelures est commune à la Haute comme à la Basse-Bretagne. (...) Jusqu'au début du 20e siècle, le clergé ne tolère pas que les chevelures des femmes soient montrées. (...) Les hommes, eux, portent les cheveux longs, et ce trait caractérise aussi la Basse et la Haute-Bretagne. (...) Les chevelures masculines sont coupées à la fin du 19e siècle - ce qui est un renoncement majeur à un signe de l'identité bretonne - au moment où les femmes montrent plus facilement leurs cheveux. »
Se couvrir, c'est une marque de respect envers Dieu dans de nombreuses religions, c'est aussi être plus chaste, pur, moins dénudé. C'est une évidence.
Cette dimension de se couvrir a très fortement diminué (pour ne pas dire disparu) dans nos régions à mesure que la religion et les traditions ont reculé, que l'égalité des genres a progressé.
Tous à la plage d'Erdeven ;-)
Il n'y a là, précisément, aucune volonté de stigmatiser, mais au contraire d'assimiler pleinement, avec une certaine volonté de ne pas brusquer, froisser.
Tanguy me semble-t-il vient d'ailleurs plutôt d'une branche dupontiste voire chevénementiste à l'origine, et se distingue pas mal de la majorité du RN sur les sujets sociétaux (euthanasie, mariage pour tous, etc.). Ce n'est pas un identitaire pour résumer.
Du reste, quoique l'on donne comme explication/origine au port de coiffes/voiles (en particulier chez les religieuses catholiques), il n'en reste pas moins une réalité : tout cela a disparu en Europe (et des coiffes, il y en avait absolument partout, dans toute l'Europe). Le message est donc simple : on attend la même chose des nouveaux arrivants, dépasser leurs coutumes et se fondre dans l'égalité entre individus.
Penser qu'un rattachement revendiqué à telle ou telle religion n'a rien à voir avec notre condition d'individu, notre place dans la société, notre genre ou situation sociale me paraît bien naïf.
- Qui, par exemple, gardait un troupeau de bêtes avec un parapluie ?
- Réponse : Personne, à part des originaux et une grand-mère à M. Tanguy !
Un affront à toutes les femmes ayant porté ou portant ces si belles coiffes, dont ma grand-mère trégorroise.
Désormais, la coiffe en Bretagne appartient au passé, les tenues vestimentaires ont changé, elles sont diverses comme ailleurs, c'est banal de le dire.
Pour les fêtes, les gens revêtent le costume breton pour le plaisir de le porter ; rien de religieux, ni politique, c'est bien profane tout ceci.
La Bretagne a abandonné bien plus que ses costumes, sa culture, son histoire, ses paysages et talus, sa langue, le breton, et les Jacobins et Jacobines ont même tronçonné sa géographie en divisant la Bretagne et en la privant de ses droits et libertés de Bretagne du Traité de 1532.
Si les coiffes servaient à se protéger de la pluie, cela se saurait. Mais vous allez certainement nous dire que le port du voile est une simple histoire de protection au vent ou de mode...
« Un Breton ne se découvre que devant Dieu et les morts », disait le dicton.
Un homme sans chapeau n'était pas digne.