
Michel Le Coz – Cornouailles, nos voisins d’en face
Réalisation : ABP – 361 vues
Emglev Bro an Oriant a organisé cette conférence donnée à la CCI de Lorient durant le Festival Interceltique. La Cornouailles britannique étant cette année l'invitée d'honneur, Michel Le Coz a retracé plus de 10 000 ans d'histoire de cette Bretagne d'outre-Manche, dont la langue, le cornique, est si proche du breton que de nombreux mots et expressions, ainsi qu'une partie de la toponymie cornique, sont immédiatement compréhensibles pour un brittophone.
Conférencier installé à Quéven, dans le Morbihan, Michel Le Coz est issu d'une formation scientifique. Bilingue breton-français et aujourd'hui retraité, cet érudit passionné d'histoire de la Bretagne et des pays celtiques donne régulièrement des conférences consacrées à ces sujets.
Lui-même originaire de la Cornouaille bretonne, Michel Le Coz souligne tout au long de son exposé les nombreux liens entre les deux Cornouailles. Il évoque notamment l'existence, au VIᵉ siècle, d'un « royaume double » de part et d'autre de la Manche, associé à Conomor, parfois identifié au roi Marc'h de la légende de Tristan et Iseult. La toponymie et les langues témoignent également de cette proximité : certaines expressions corniques restent immédiatement compréhensibles pour un brittophone.
De la préhistoire à la Cornouailles d'aujourd'hui
Michel Le Coz organise son voyage à travers l'histoire autour de dix grands thèmes : la perception actuelle de la Cornouailles ; les périodes mésolithique, néolithique, de l'âge du bronze et de l'âge du fer ; la Cornouailles avant et après la conquête romaine ; la longue résistance des Bretons aux Saxons ; l'administration anglo-normande puis Plantagenêt ; le système juridique particulier des Stannaries, lié à l'exploitation de l'étain ; les Tudors et les révoltes populaires ; la Cornouailles pendant la guerre civile anglaise ; la révolution industrielle et les mines ; enfin, le déclin puis la renaissance de la langue cornique et la Cornouailles au XXIᵉ siècle.
Des mines à la renaissance du cornique
Une place importante est accordée aux mines d'étain et de cuivre qui ont façonné pendant des siècles l'économie, les paysages et la société cornouaillaise. Les XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles furent une période de plein emploi et de relative prospérité liée à l'exploitation minière. Leur déclin puis la fermeture de la dernière mine en 1998 ont profondément marqué le territoire. Cette histoire ou disons cette mémoire explique aussi pourquoi les nouveaux projets d'extraction de lithium, d'étain, de cuivre ou de tungstène rencontrent aujourd'hui en Cornouailles une attitude souvent moins réfractaire qu'en Bretagne. Il y a une mémoire collective de cette prospérité et les ruines de cette époque sont partout jusque sur les plages et les falaises.
Michel Le Coz revient enfin sur le long déclin du cornique jusqu'à sa disparition en tant que langue parlée au quotidien, puis sur sa renaissance à partir des textes anciens et des rapprochements avec le breton et le gallois.
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Une seule remarque - qui rejoint la question actuellement discutée en Bretagne de l’exploitation des richesses minières - il ne faut pas oublier, quand on parle de bien-être des sociétés ayant fondé leur développement sur cette « manne », le coût humain et environnemental qui a été induit.
On se reportera aux ouvrages de A.K. Jenkin, *The Cornish Miner: An Account of His Life Above and Underground from Early Times*, qui décrit avec précision la vie quotidienne, les maladies pulmonaires, les accidents de puits et l'évolution des conditions de vie au fil des siècles, de John Rule, *The Experience of Labour in Eighteenth-Century Industry*, en partie sur les mines de Cornouailles au XVIIIe siècle (la santé des ouvriers, accidents et maladies, détresse sociale quant à l’espérance de vie et au sort des orphelins). Enfin, *Mines and Miners of Cornwall and Devon: The Tin and Copper Industries* d'Anthony Burton, qui montre combien l'évolution technologique (utilisation de la poudre noire et de la vapeur…) a accéléré la misère des ouvriers tout en multipliant les rendements et les profits des investisseurs… Jamais rien de neuf sous le soleil. D’une manière ou d’une autre, il faut bien que quelqu’un paie l’addition et assure la rapidité des bénéfices. On peut aussi simplement penser à nos mineurs dont la moyenne d’âge atteignait, dans les années cinquante, 20 ans de moins que la moyenne nationale. Lire ou relire Zola, Orwell ou Chalandon pour la mise en images romancée.
Mais bon, tous des héros, ces gens qui ont donné leur vie au fond des mines ou à Verdun : c’était pour le bien de la patrie. Les malheureux de Conlie comme les galibots de Courrières en 1909 !
Que les habitants de Bretagne profitent, s'ils le veulent vraiment, des ressources de leur sous-sol, mais avec mesure et dans le cadre à définir de mines appartenant à tous, pas à des multinationales seulement avides de rendements. On n’oubliera pas non plus à quoi devront servir les minerais, leur utilité, en sachant éviter la « malédiction des ressources », telle qu’elle sévit en RDC, par exemple.
Il est important d'unifier au maximum le monde celtique, c'est vital pour la Bretagne.
Bon il y a des exceptions, un Landevennec des deux côtés. Un Bangor à Belle-île et un Bangors dans les Cornouailles. Aussi 3 Bangor au Pays-de-Galles et un Bangor de 65 000 habitants en Irlande du Nord.
Les Gallois feraient bien d'essayer de re-celtiser leur langue, car le nombre d'emprunts à l'anglais y est catastrophique ; sans parler du nombre ahurissant de mots français, les Normands étant passés par là.
Allez les Brezhoned, qui se lance le premier ? Yvan peut-être ? Un livre en breton bourré de th, de dh, avec plein de graphies différentes pour le c'h, ça serait tellement classe, tellement intelligent...
C'est comme pour le mot microphone, les Gallois emploient « microffon », mais aussi « meicroffon » pour ajouter la petite touche anglo-saxonne qui va bien.
En breton, ça sonne tout de suite moins frangliche : klevell. Trop celtique pour les Gallois.